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La période des vacances est bien souvent l'occasion pour moi de me remettre sérieusement à la lecture. Aussi aujourd'hui parlerai-je du texte d'un autre : Michael Connelly.
Connely écrit des romans policiers dont la plupart se déroulent à Los Angeles.
Cet été je n'ai lu que deux de ses bouquins :  "L'oiseau des Ténèbres" et "Deuil Interdit".
Sur le premier, je ne dirai pas grand chose sinon ma déception par rapport à un roman qui m'a semblé baclé : après un début prometteur un peu sur les traces de "Seven", on reste coincé dans un tribunal, ne se demandant pas très longtemps le pourquoi, vu l'intrigue qu'on voit se dénouer gros comme la maison. Cependant, la force de Michael Connelly est toujours dans cette capacité qu'il a de vous mettre dans le bain. On EST au tribunal. On voit la justicie américaine fonctionner. Comme dans un reportage. Et ça, ça fait qu'on abandonne pas le livre en cours de route, même si le dénouement est sans surprise. Connelly tittille le curieux, capture l'intérêt, même avec un scénario faiblard.

Par contre le deuxième "Deuil Interdit", m'a beaucoup plus plu, même si j'ai trouvé le coupable avant l'inspecteur Bosh (nananèreuh) . L'histoire est celle du Département des Affaires Non Résolues où Harry Bosh débarque mettant fin à quelques années de retraites. Il se lance avec sa coéquip!ère Kiz Rider à la poursuite d'un meurtrier, celui qui a tué 17 ans auparavant une jeune fille du nom de Rebecca Verloren.
On patauge grave avec Bosh et Rider qui ne savent pas quoi faire avec leur "correspondance" (ADN) toute nouvelle. Le gars désigné s'il a à coup sûr un rapport avec l'arme, ne semble pas relié à la victime. On suit les inspecteurs chercher à remonter le temp et se casser les dents sur des impasses. Avec eux, on sera un peu perdu.
Connelly profite de ce roman pour jeter des ponts sur des histoires futures par petites allusions furtives, comme par exemple sur une certaine Cassie Black ("la lune était noire"). Comme dans toute série américaine qui se réspecte, l'auteur construit des fils à destinations des "fidèles", créant ainsi une sorte de connivence et surtout une addiction encore plus forte :-) (la suite, la suite !).
Pour le coup, l'histoire en semble plus aboutie, d'autant plus que comme à l'habitude, on a réellement l'impression d'être au coeur de l'enquête et de vivre les choses en même temps que les personnages. Par élimination on réussit à trouver le coupable, mais très peu de temps avant les inspecteurs eux-mêmes (ne pas lire en continue donne le temps de cogiter ;-)).
J'ai retrouvé dans cet "épisode" l'ambiance qui m'avait tellement plu dans les premiers volumes que j'avais lu, même si mon préféré reste encore et toujours "les égoût de Los Angeles".
Si vous ne connaissez pas Connelly, commencez donc par celui-là. Vous le verrez à l'oeuvre dans un exercice pour lequel il excelle : la creation d'un univers. Vous découvrirez un Los Angeles qu'on ne montre pas aux touristes. Celui qui transparait aussi dans Boomtown.
Et si vous aimez les romans policiers, plongez de toute urgence dans ce Los Angeles là. C'est un voyage que vous ne regretterez pas.
 
par Annie publié dans : Textes
Mercredi 17 août 2005

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L'année dernière j'étais insrcite à l'atelier d'écriture de l'université (de La Réunion) histoire de me défouler un peu (si si, ça défoule) et de ne pas en rester à deux malheureuses nouvelles.
Cet atelier là fonctionnait avec "consignes". C'est ainsi qu'une semaine il nous a été demandé de rédiger un texte où on se plaçait dans la peau d'un objet, et la suivante il fallait composer sur le thème "un téléphone sonne en pleine nuit".

Voici donc ce que ça a donné :


Aujourd'hui, c'est patchouli. C'est toujours patchouli quand elle se rend dans cette appartement immense qu'on met des siècles à atteindre de la maison. De notre maison.

En général, je passe la nuit sur une chaise. Toujours la même dans le salon. Elle est très confortable et je m'y sens bien. Jamais je ne suis tombée de cette chaise. Jamais. Alors que des fois, elle me pose dans des endroits insensés, en équilibre précaire, et paf, je me retrouve par terre.

Les jours patchouli, ce n'est pas comme les jours mimosas. Lorsqu'elle m'enlève de ma chaise avant de partir, c'est pour me vider et faire le tri. Elle retire d'abord son arme. Oui, oui, elle a une arme et c'est moi qui la soustrait aux regards indiscrets. Et puis elle trie ses papiers aussi. Les jours patchoulis je suis plus légère : nous partons avec le minimum.

Aujourd'hui, c'est patchouli. Mais pourquoi elle me serre comme ça. Elle est bien nerveuse. Tiens voilà l'homme. Celui là, il me regarde souvent d'un air bizarre. Lorsqu'elle n'est plus à coté de lui, il lui arrive de me fouiller pour voir ce que j'ai dans le ventre. Il ne trouve jamais rien, tiens. Pas folle ma dame de compagnie : elle a fait le tri ! Mais aujourd'hui, il s'enhardit. Elle est dans la pièce d'à coté, et le voilà qui m'a tout vidé sur la table. Il a fait tomber le rouge à lèvre. Si elle voyait ça ! Pourquoi ne revient-elle pas auprès de lui, ?Auprès de moi ? Non mais regardez le moi celui là. Il fouine dans ses papiers, dans son chéquier. Mais rend moi tout ça. T'as pas le droit. C'est à moi !

Ah mais quelle brute. Il vient de tout me remettre en vrac. Pourquoi ne revient-elle pas ? Si elle voyait comment il a rangé ça ! Elle serait furieuse. En moi, chaque chose a sa place. Mais là, c'est n'importe quoi !

Mais qu'est-ce qu'il fait l'animal, le voilà qu'il m'emmène avec lui. Nous sortons.

Où va-t-on ? Pourquoi n'est-elle pas là ?

Ah le goujat, il vient de me jeter. Ca ne sent pas le patchouli ici, plutôt une sale odeur de pourri. Il y fait sombre, il y a des choses qui me frôlent. Je suis enfermée et personne à part lui ne sait où je suis.. Je suis perdue à jamais. Personne ne pourra me retrouver. Tiens il y a un minuscule rond de lumière qui joue sur ma boucle.

Ca fait combien de temps que je suis ici ? Le rond de lumière s'est évanoui. Et moi aussi. Maintenant c'est le noir total. Dehors aussi apparemment il fait nuit.

Mais quelle agitation ! On court dans les escaliers. ça crie. Eh oh, je suis ici. Comme s'ils pouvaient m'entendre. Les humains n'entendent jamais les sacs à main ! Et pourtant, on en sait des choses. On en aurait à raconter croyez moi.

Tiens, le petit rond de lumière joue à nouveau sur ma boucle. Au dehors le bruit s'est calmé. Et moi je suis toujours là. Parmi les ordures de cet immeuble des quartiers chics. Quelle triste fin, pour un sac à main.

Ah ah, voilà de la lumière. Tiens j'aperçois un visage. Ce n'est pas elle. Dommage. Mais pourquoi crie-t-il comme cela ?

Merci, monsieur de m'extraire d'un endroit aussi inconfortable... Mais il pourrait me nettoyer avant de me mettre dans un sac plastique.

Décidément j'ai pas de chance avec les hommes. Celui là vient de me jeter dans le coffre d'une voiture. Et me voici encore à poireauter, jusqu'à ce que quelqu'un daigne me sortir de là.

Remarquez, cette fois-ci ça n'a pas traîné. Et on vient de me confier à une femme. Ce n'est pas elle. Elle n'en a pas les manières. Elle me vide également, mais au moins remet chaque objet soigneusement à l'intérieur après les avoir notés sur un ordinateur. Un homme maintenant. Qu'est-ce qu'il me veut ? Il me met de la poudre noire partout ! Et il a l'air d'être satisfait ! Il me colle du scotche et le retire aussitôt. Quel drôles de jeux il a ce bonhomme. ça y est, c'est fini, oui ?

Ah, la femme. C'était bien la peine de revenir pour me remettre dans mon sac en plastique nauséabond.
Voilà qu'elle me dépose dans un carton qu'elle va ranger dans une pièce. Je vais y rester un bon moment. J'en ai la conviction.



Le téléphone


Arrête. Mais arrête de me lècher ! Dis t'as vu l'heure ? Trois heures du matin passé. Mais qu'est-ce qui t'arrive mon pépère ? Eh Rex ! Arrête quoi. Chhhhhhhht, t'entends ? Alors c'est pour ça que t'es venu me réveiller. Il y a le téléphone qui sonne chez ta maîtresse. Et qu'est-ce tu veux que j'y fasse ? Je garde déjà le chien, tu veux quand même pas que j'aille aussi décrocher le téléphone ! Quoi "ouah" ? Dois je prendre cela pour une protestation ? Façon, le temps que je trouve les clés ... Eh Rex où tu vas ? Rex ! Te revoilà ... Très gentil de me déposer les clés aux pieds. Bon chien Rex. C'est ta maîtresse qui t'as appris ces trucs là? Mais c'était pas la peine, écoute : ça ne sonne plus chez elle. Allez, file d'ici Rex. T'as pas le droit d'être dans la chambre et tu le sais.

Ok, ok, pas la peine d'aboyer, j'ai entendu que ça avait ressoné. On y va, on y va. Franchement, elle aurait pu faire un effort pour ton nom. Rex ça fait vraiment Berger Allemand. Remarque, tu es un Berger Allemand. Punaise, mais qu'est-ce que je raconte moi. Allons, ouvrons cette porte. A tous les coup ça va s'arrêter de sonner juste avant que je décroche. Chttt tais-toi Rex.

- Allo ?
- Oui allo qui est à l'appareil ?
- Mais mon cher monsieur je vous en prie, dites moi d'abord à qui j'ai l'honneur.
- je suis un collègue de Laurence
- et moi le voisin de Laurence
- elle est rentrée ?
- ben non
- qu''est-ce que vous faites chez elle ?
- le chien a voulu que je vienne décrocher
- le chien?
- oui quand Laurence ne rentre pas, c'est moi qui le garde, sinon môssieur hurle à la mort toute la nuit, et ça énerve énormément le voisinage.
- vous avez ses clés
- nan chuis rentré par la fenêtre en volant comme Superman. Dites c'est quoi cet interrogatoire ? Et pourquoi un collègue il téléphone à Laurence à 3 heures du mat' passé ?
- elle est pas venue à la boite de nuit
- ah bon elle travaille dans une boite de nuit ?
- pas tout à fait. Mais la question n'est pas là.
- ben elle est où la question selon vous ?
- vous êtes sûr qu'elle n'est pas passée en soirée ?
- absolument. La dernière fois qu'elle est revenue à l'appart et que ça n'était pas prévu, je vous garanti que son Rex, il m'a sorti du lit. J'ai cru qu'il allait me pisser sur la moquette, tellement il trépignait. Alors non elle n'est pas passée. Je le saurais sinon. Dites moi, elle fait quoi au juste comme métier mademoiselle Lau ... Ben il a raccroché. T'as vu ça Rex ?

Dis donc, ils sont pas sympas les collègues de ta maîtresse. Ca te réveille à pas d'heure et ça raccroche sans dire au revoir. Je lui en toucherai deux mots moi à Laurence de cet énergumène.

Allez viens, on rentre. On n'a plus rien à faire ici. Et pis arrête de me regarder comme ça.

Au fait tu sais toi pourquoi ce matin elle a encore mis ce fichu patchouli. Hein ? Dommage que tu ne puisses pas parler. Moi franchement je préfère le mimosa. Mais va pas le répéter hein. Allez, bonne nuit.

par Annie Dumont publié dans : Textes
Mardi 12 avril 2005

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Le logorallye est un jeu qui consiste à écrire une petite histoire à partir d'une liste de mots préétablie.
Par exemple, avec la liste suivante : planète, tourisme, sol, pionnier, automne, estivant, soleil, forme, avaler, receler, créature, cuit
on peut arriver à ça :

Ben dites donc, sale planète pour faire du tourisme ! Dès que j'ai eu posé le pied sur le sol, j'ai senti que ça allait mal se passer."Glissez vous dans la peau des premiers pionniers galactiques", elle disait la brochure ! Je n'avais pas prévu qu'on me débarque au fin fond d'un pays nommé Canada et en plein automne en plus! Féérique, on m'avait dit. Tu parles, mais ça gèle ! Franchement, c'était pas la saison. Si j'en crois l'encyclopédie galactalis j'aurai mieux fait de jouer les estivants, la température aurait été bien plus raisonnable. J'ai bien regretté les trois soleils de mon Gulk natal ! En plus ici, ils n'en ont qu'un ! Et la nourriture ! Je ne vous raconte pas. Les Terriens mangent vraiment n'importe quoi. C'est simple, je suis arrivé en pleine forme. Aujourd'hui je ne peux plus rien avaler. On m'avait dit aussi, que cette planète recèlait d'inombrables surprises. Oh ça oui ! Il faut voir les créatures qu'on y trouve. Elles sont d'une laideur ! Prendre leur apparence a été une torture. Et puis je n'ai même pas pu approcher leurs femelles ! Je leur faisais peur ! Si je tenais celui qui a choisi mon modèle, je lui ferai regretter d'être sorti de l'incubateur ! Je le savais que je devais prendre une assurance "interruption de séjour". Parce que maintenant pour me faire rembourser, c'est cuit !
par Annie Dumont publié dans : Textes
Mercredi 6 avril 2005

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