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Tous les mois, je pars randonner avec mon club. C'est ainsi que je sillone l'île, en long en large et en travers, avec une tendresse particulière pour Mafate. Dimanche dernier, ce n'était pas Mafate, mais le site du Volcan : partis de la Plaine des Sables à hauteur du Piton Chisny, notre point d'arrivée était beaucoup plus loin : à Basse-Vallée, ce qui correspond à l'étape 13 de la traversée de l'île par le GR2, mais dans l'autre sens, celui de la descente. Faut pas croire qu'on a choisi la facilité : une descente lorsqu'elle est longue ça tue les pattes. Par contre, ce qu'on n'a vraiment pas choisi, c'est la météo : on nous avait promis de la pluie, on l'a eu ! C'est une nouvelle fois sous le regard hilare de Maximin notre chauffeur de bus que nous nous sommes jeté dans l'aventure. J'avais un équipement tout neuf contre la pluie à tester : il n'y a pas à dire, c'était le bon jour.
Pour les photos, il n'y a pas eu moyen de sortir l'appareil du sac, aussi, vous n'en  aurez qu'une prise pendant le repas. Mais pour le moment, nous commençons seulement à marcher, tête basse sous la pluie. Le paysage est minéral. On est censé longer des points de vues qu'on ne verra pas cette fois-ci. J'ai les pieds au sec pendant au moins une demi-heure, puis il devient difficile d'éviter les flaques. Par endroit le chemin s'est transformé en rivière et faut bien qu'on marche dedans. Parfois, on en a jusqu'au mollet (ouh qu'elle est fraîche), mais le terrain n'est pas glissant, alors on peut encore s'en amuser. Après environ deux heures de marches, on entend un de ces baroufs au loin. Ca à l'air de cracher sec, si j'ose dire. On ne tarde pas à rejoindre une superbe rivière - inexistante en temps habituel - se jetant dans la pente en un bouillonnement du tonnerre.
Intraversable se dit-on, jusqu'à ce qu'un type à qui on avait rien demandé nous prouve le contraire. Lui il arrivait de Basse-Ballée et rejoignait le gîte du volcan. Après s'être renseigné sur l'état de la rivère juste avant Basse-Vallée, on abandonne l'idée de faire demi-tour. Les premiers passés ont parfois de l'eau jusqu'à la taille. Moi j'aurai bien fait demi-tour : il va servir à quoi mon pantalon imperméable là, hein ? Mais bon, il y a Jean-Claude, dans la flotte froide qui me tend la main et qui me conseille un passage moins profond, alors je me lance : mouillée jusqu'en bas des cuisses. Je m'en sors bien finalement.
Après ça se corse : plus de végétation, plus de boue, et donc ça devient glissant. Du coup, je descend moins vite. Pas envie de me rétamer, même si je  n'y échaperait pas (rien de grave).
Quand il pleut, le drame c'est qu'on ne s'arrête pas : pour quoi faire ? On ne peut ni poser non sac, ni ses fesses, alors on avance, on avance, on avance ... (sur un air bien connu d'Alain Souchon)
Alors comment c'est-y qu'on mange dans ces cas-là ? On se sert d'une bâche qu'on tend avec de la ficelle entre 4 arbres. Même pas pensé à la prendre en photos cette bâche, mais en dessous, voici ce que ça donne :



Le coté pratique, c'est que l'arbre tout couvert de mousse, le plus près du coté de l'objectif, pissait de l'eau en permanence (on aperçoit un filet) : on avait de quoi se laver les mains et rincer nos assiettes. Chouette non ? ;-p
On a donc mangé debout. La flotte, ça creuse !
Je jetterai un voil pudique sur une bonne partie de l'après-midi, qui a consisté à descendre, descendre, descendre, jusqu'au lit de la rivière, style rochers énormes mouillés par la pluie, avec des trous béants partout, donc un peu casse-gueules : l'idéal quand on a mal aux pattes. Mais bon, là vous savez que vous n'êtes plus loin du bus. La motivation ça aide, surtout quand le jour décline et qu'on voudrait arriver avant la nuit. Mais, car il y a un mais, il fallait bien une dernière épreuve, pour clore la journée : une échelle de bois, dont il manquait le dernier échelon : en descente on tend le pied, on finit par y arriver, mais là comme on sortait du lit de la rivière, ben l'échelle on la montait et le dernier pas pour retrouver la terre ferme était un peu grand pour mes petites gambettes. C'est dans ce genre de moment qu'on maudit la terre entière. Mais tous les autres étaient passés avant moi et il n'y avait pas que des grands. Donc c'était possible : j'allais pas prendre racine là, bloquée comme une nouille. Pierre, resté avec moi me conseillait de m'appuyer sur la roche juste en dessous du dernier barreau. Mais elle me paraissait bien mouillée, ça m'inspirait pas confiance. Alors j'ai aperçu un clou énorme et tordu à mi-chemin entre les deux derniers barreaux, sur la gauche : j'ai testé avec mon pied. Il avait l'air de tenir. Et hop, il a tenu.
Nous sommes arrivés juste avant qu'il fasse totalement noir (18h30) ! Je vous raconte pas le mal aux pattes. Viva dans le bus : on m'a servi du jus de fruit et donné du chocolat. C'est ça aussi l'arer ! L'essentiel c'est d'arriver entier :-)

PS : retournée le week-end suivant sur les lieux du crime pour une petite balade en forêt primairfe, voici quelques photos supplémentaires, faites au sec :-)

Voici donc la sortie du chemin, lorsqu'on débouche sur le parking. On devine facilement l'enchevêtrement de végétation derrière, et on voit bien la quantité faramineuse de racines surlesquelles il est facile de glisser lorsque celles-ci sont mouillées.



Voici le parking, avec ses petites pancartes de bienvenue :



Et pour termniner, les pancartes de notre randonnée dans le sens de la montée (vers le gîte du volcan) - avec un temps, très optimiste,  pour des marcheurs moyens !



Par Annie - Publié dans : Tranche de vie
Mercredi 21 septembre 2005 3 21 /09 /Sep /2005 00:00

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