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On en a beaucoup entendu parler ces derniers temps : ça a commencé par un article de l'Express, et en cherchant avec google, on voit que d'autres journaux s'y sont intéréssés, comme le Nouvel Observateur, mais la surprise vient d'un rapport trouvé sur le site de l'Assemblée Nationale. Ne vous arrêtez pas à la longueur, et donnez vous la peine de lire ce texte, surtout après le discours de Villepin à l'Assemblée Nationale.
Il n'y avait pas besoin d'avoir fait sciences-po pour deviner qu'un gouvernement sous la coupe de Chirac ne retiendrait de flexisécurité, que le coté flexi, et jetterait aux orties le volet sécurité.
Arrêtons nous un petit instant sur ce texte, voici tout d'abord comment il commence :

Existe-t-il un « miracle danois » ?
Comment un pays de 5,4 millions d'habitants, et dont la population active n'excède guère 2,8 millions de personnes, peut-il afficher des succès industriels et technologiques aussi connus et diversifiés que Lego, Maersk, Bang et Olufsen ou Velux ? Comment une telle valorisation de l'entreprise individuelle se combine-t-elle avec une société fortement empreinte d'égalitarisme ? Comment le Danemark a-t-il pu mener une politique de réduction drastique de sa dette publique, être en excédent budgétaire, tout en ayant ramené son taux de chômage de 12 % de la population active, au milieu des années 1990, à 5 % en 2002 (6,2 % en juin 2004) ? Comment un tel pays parvient-il, dans le même temps, à concilier un niveau élevé de protection sociale, un dialogue social extrêmement dense, une modulation des ages de départ en retraite avec un système d'économie de marché et un libéralisme économique très poussés ? Comment, dans un pays où plus de 80 % des salariés sont syndiqués, où la couverture sociale est uniforme et très large, où la protection de l'environnement est un souci réel, où l'activité économique est, pour l'essentiel le fait de petites et moyennes entreprises, peut-on expliquer une telle expansion économique? Comment un des systèmes les plus protecteurs en matière d'assurance chômage ne constitue-t-il pas une désincitation au travail ? Pourquoi des taux d'imposition atteignant 62 % des revenus, une tranche marginale d'impôt sur le revenu de 60 %, dans laquelle se situe une très grande partie de la population active, ne conduisent-ils pas à des délocalisations massives d'entreprises et de ménages ? Si miracle il y a, sera-t-il durable ?

Je suis certaine que chacun apréciera les tonnes de préjugés contenues dans ces questions, et tout particulièrement dans cette question là :

Comment un des systèmes les plus protecteurs en matière d'assurance chômage ne constitue-t-il pas une désincitation au travail ?

Comprenez que quand on est indemnisé, on n'a plus de raison valable de chercher du boulot, puisqu'on en gagne sans travailler (sous entendu chomeur=feignant, bien évidemment). Réflexion assurément de personne qui n'ont jamais été au chômage ou pas suffisamment longtemps. Comme si cette situation était quelque chose de satisfaisant pour qu'on ait envie d'y rester. Eplucher les annonces, faire des courriers, se rendre à l'ANPE pour faire le point de vos démarches (photocopies à l'appui), se rendre aux assedics pour obtenir un financement de stage, se battre en permanence simplement pour exister, socialement, ou au moins en avoir l'impression.
En France, une recherche d'emploi ne peut pas être efficace si le chomeur n'a pas le couteau sous la gorge. Tu traines à trouver un emplois, tu es en difficulté pour te reinsérer : eh bien pour te motiver, on va aussi te mettre en difficulté financière. Tes indemnités seront dégressives, et tu vas voir : ça descend vite. Façon si t'as pas de boulot, c'est que tu ne veux pas en trouver.
Et le masochisme tout aussi Français aidant, chacun admettra connaître au moins un tir au flan "qui exagère". Et c'est comme ça qu'on fait payer tout le monde pour quelques uns.

Toujours dans cette introduction on peut lire :
  • la flexisécurité du travail au Danemark n'est pas assimilable à une dérégulation du marché du travail : l'absence de règles légales contraignantes n'aboutit pas à un marché du travail déréglementé, mais, par le dialogue entre les partenaires sociaux, à des règles beaucoup plus évolutives, souples, adaptées, que dans de très nombreux autres pays européens
  • la faible intervention des pouvoirs publics, dont le rôle n'est affirmé que si les mécanismes du marché ne permettent pas, par exemple, à un chômeur indemnisé de retrouver du travail. L'État joue un rôle subsidiaire : il n'est pas le garant juridique du fonctionnement du marché du travail
  • le système repose sur un très fort degré de socialisation, au sein des entreprises, de la part des contribuables, comme dans le dialogue entre les partenaires sociaux où une logique de consensus prédomine : les relations entre salariés et employeurs sont orientées vers la prise de décision et non pas marquées du sceau de l'affrontement permanent.
Au Danemark, le salarié n'est pas un tire au flan en puissance qu'il faut mettre à tout prix au pas, mais un partenaire. Déjà si le Patronat Français pouvait intégrer cette notion dans sa petite tête, les choses iraient déjà un peu mieux.
L'autre point important c'est qu'au Danemark flexibilité ne rime pas avec précarité. Une personne en fin de contrat, retrouve un travail dans la majeur partie des cas. En France l'expression "perdre son travail" parle d'elle même : quand on perd c'est qu'on met du vide à la place. On perd avec moins de peur et d'amertume, quand on sait qu'on peut regagner aussitôt. ce qui n'est pas le cas chez nous. Quand on perd son emploi, c'est la période de galère qui commence, surtout si on a plus de 50 ans. Après on va aller s'étonner que les gens manquent de flexibilité et s'accrochent à leur place.

Juste un peu plus loin dans le texte on peut lire :

Incontestablement, l'élément le plus marquant du marché du travail danois est sa très grande originalité : le système dit de « flexisécurité » permet une forte mobilité de la population active, et de ce fait assure une forte coïncidence de l'offre et de la demande d'emploi, donc une grande adaptation aux mutations industrielles. C'est ce qui explique ses résultats positifs.

Positif, car le volet sécurité marche à plein. Chez nous, on voudrait du dynamisme avec une épée de Damoclès en permanence au dessus de la tête des employés.

Encore plus loin dans le texte :

Le taux de chômage des hommes s'établit à 5,4 % (contre 8,7 % en France), celui des femmes à 6,3 % (contre 10,6 % en France et 10 % dans l'Union à 25) et celui des jeunes à 10,4 %, alors qu'il est de 21,8% en France et de 12 % en Grande-Bretagne. Il est deux fois plus facile à un jeune danois de trouver du travail qu'à un jeune français. Ce rapport est d'un à quatre entre le Danemark et la Pologne.

Ca c'est le big problème de la France : l'emploi des jeunes. Le premier emploi relève du parcours du combatant et c'est une dure épreuve pour le moral. Votre envie de rentrer dans la vie active, de construire un foyer, une famille, le monde du travail s'en tape, quand il n'y voit pas tout simplement un obstacle majeur. Des jeunes qui veulent avoir des enfants, une vie normale tout ça : quelle horreur. Les enfants, ça fait des congés maternité et après des absences pour enfant malade. Dixit de braves patrons pères de famille qui savent de quoi ils parlent.
Et si l'envie de construire quelque chose avec un compagnon ou une compagne est tout de suite suspectée de course éhontée au congé parental, que dire des recruteurs qui vous convoquent à un entretien pour vous informer que vous manquez d'expérience. Eh connard, si t'as lu mon CV et que c'est un obstacle manifestement si infranchissable pourquoi tu m'as fait venir jusqu'ici ? T'espérais que j'avais une expérience professionnelle au noir à avouer ? T'as vu mon âge ? Je viens juste de terminer mes études. Et tu voudrais que j'ai de l'expérience ? T'as fumé ou quoi ? (raaah même des années après, ça fait du bien).

Revenons à notre texte :

il faut souligner la part importante que joue la formation professionnelle dans l'adaptation de l'offre à la demande : la part des 25-35 ans ayant atteint au moins une formation de deuxième cycle est de 86 % - contre 78 % en France ou 68 % en Grande-Bretagne. Dans la tranche d'âge 35-44 ans, ce taux s'élève à 80 % (67 % en France). Dans la tranche d'âge 55-64 ans, il atteint 72 % contre 46 % en France et 55 % au Royaume-Uni. On peut en conclure que la formation professionnelle est, dans le long terme, un excellent moyen de lutte contre le chômage : le produit de l'investissement est différé, mais son résultat est évident.

La formation professionnelle parlons-en : les chiffres sont éloquents. Mais ce qui est inacceptable pour le patron Français tendance Medef Baron de Sellière : c'est que le produit de l'investissement est différé. Et pourtant, voici la conclusion du rapporteur sur le volet formation :

Cette importance de la formation professionnelle correspond à une volonté très forte d'intégration sociale : plus le marché du travail est flexible, plus il offre d'opportunités d'insertion. Grâce à un système de formation adapté, le chômage n'est pas vécu comme un état d'isolement : il devient un état provisoire, donc banalisé.

C'est pas demain la veille que le chômage cessera d'être un état d'isolement en France. Là où au Danemark on parle de formation, chez nous on le vit "reclassement". C'est déjà plus contraint et forcé. Pourquoi ? Parce qu'il n'y pas de partenariat employé/employeur, il n'y a pas de confiance, il n 'y a pas de dialogue.

Au sujet de la convention collective qui régit la vie du travail :

La convention est négociée entre les représentants du patronat (D.A.) et la fédération syndicale L.O.

[•••]la négociation permanente n'est pas construite sur une logique d'affrontement mais au contraire, même si chacun cherche à avancer en fonction de ses revendications et de sa logique propres, la négociation conduit à l'accord et ce système aboutit à un fort niveau d'indemnisation du chômage - être chômeur n'est pas perçu comme une situation d'isolement économique ou social - à une amélioration des qualifications et cependant à un niveau très satisfaisant de motivation pour la recherche d'un emploi.

C'est toute la différence avec notre cher pays, où le chômage est avant tout un échec. Encore une fois, là-bas flexibilité ne rime pas avec précarité et dérèglementation, le rêve du Patron Français tendance Medef/Sellière :

Fondé sur une large décentralisation et sur une très grande latitude des partenaires sociaux, le système de flexisécurité du travail devrait entraîner une forte hétérogénéité des règles applicables selon les secteurs d'activité, la localisation ou la taille des entreprises. Or, c'est précisément la conclusion inverse qui s'impose : la flexisécurité de l'emploi conduit à une forte homogénéité des règles applicables, mais aussi à une échelle des salaires très resserrée et à un salaire moyen particulièrement élevé.

Tout le contraire de ce qu'il se passe en France dès que du lest est un peu lâché au Patronat. Les premiers à trinquer sont les salaires.
De quoi faire un peu grincer quelques dents coté Français :

Il convient d'ajouter à cela que le revenu moyen aura progressé en 2002 de 4,2 % et en 2003 de 3,9 % - soit des chiffres supérieurs à ceux de la zone euro. En tenant compte du taux d'inflation (2,6 % en 2002, 1,2 % en 2003), la progression de salaire réel est, par exemple, de 1,1 % en 2003. Ce haut niveau de vie, combiné à un système fiscal que l'on qualifierait dans bien des pays de « confiscatoire » - le taux général de TVA est de 25 % - assure un fort effet redistributif, des conditions de travail privilégiées et une grande dynamique de l'embauche comme des licenciements : le « coût » de licenciement est très bas, et, de ce fait, le risque pris par l'employeur est très faible

On voit bien ici que le modèle Danois est un tout. On prend l'ensemble ou rien du tout. De simples petits bouts ne conduiraient nul part. Faciliter les licenciements, quand ce n'est pas un obsctacle pour retrouver du travail peut sans doute être acceptable. Ce n'est encore une fois pas le cas chez nous. Un licenciement est quelque chose de vécu honteusment, et souvent le début d'un isolement social quand la durée du chômage s'allonge. Ce système Danois ne tient que par la dynamique d'embauche, totalement inexistante chez nous. Cette dynamique est la clé : sans elle tout s'effondre et les Danois risqueraient fort de se transformer très vite en Français (si j'ose dire). D'ailleurs on peut lire un peu plus loin :

Pour le salarié, ce système - dont il faut répéter qu'on ne peut analyser les éléments indépendamment les uns des autres - est en fait très protecteur : s'il ne dispose d'aucune garantie de longévité dans l'entreprise, il bénéficie, en revanche, d'une garantie très forte d'indemnisation du chômage et, statistiquement, de possibilités très rapides de retour à l'emploi.

Cet ensemble de règles conduit, au final, à une grande homogénéité des revenus et des conditions de travail. Cette homogénéité fait du Danemark une sorte d'exception européenne : pays où le salaire moyen est le plus élevé, mais où la durée du travail est parmi les plus faibles - encore que la France soit dans une situation encore plus « privilégiée » selon ce critère : en moyenne, le nombre d'heures travaillées est de 1.475 par an au Danemark, contre 1.431 en France.

Bon, on vient quand même de nous dire qu'on est des glandeurs ;-) Mais enfin au Danemark ce ne sont pas non plus des Stakanovistes : la moyenne est un peu plus de 39 heures hebdomadaires, quand ici, on rêve de nous coller des plus de 40. Et en quoi ça règlera le chômage ?
Je vous laisse lire la suite tous seuls ainsi que la conclusion qui s'interroge sur la pérénité du système.
Une chose est sûre : un seul ingrédient manque et le système ne marche plus.
Et chez nous, le consensus syndicat/patronat, c'est pas pour demain.

Mais quelles solutions alors ? Mystère et boule de gomme, même si à gauche on semble vouloir phosphorer et en découdre. Un sursaut ? Il serait salutaire ! Encore faut-il que ce ne soit pas juste pour la galerie et que derrière il y ait du solide, du faisable, et si c'est pas trop demander : de l'efficace.
Villepin aujourd'hui a annoncé devant l'Assemblée Nationale la politique de son gouvernement en terme de lutte contre le chômage. Bien que depuis le temps que la droite le pratique sans aucune efficacité, on aurait pu en tirer les leçons, mais on baisse encore les charges patronales. On reparle de flexibilité, mais il ne s'agit là que de précarité, puisque la sécurité n'est en aucun cas assurée. Et comme pour l'emploi il ne peut y avoir qu'un énorme consensus, on ne va pas se donner la peine de discuter : on va tout passer par ordonnance. Vive la démocratie française !




Par Dumont - Publié dans : Société
Mercredi 8 juin 2005 3 08 /06 /2005 00:00

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Commentaires

il y a le nouveau contrat de travail avec période d'essai de 2 ans annoncé par Villepin, applicable pour les entreprises de moins de 10 salariés

c'est une premiere étape vers le modele danois voir anglo-saxon en tout cas, car si ce type de contrat est plebiscité par le patronat il est probable que la seconde étape sera la généralisation de ce contrat pour les autres types d'entreprises

en tout cas les boules pour celui qui sera en période d'essai de 2 ans, c'est la porte ouverte aux pressions de la part de l'employeur, il y a une inégalité entre l'employeur et le salarié avec cette période d'essai exagerée
Commentaire n°1 posté par Gordon Freeman le 08/06/2005 à 20h57
eh bé, dommage que je sais pas créer un lien avec ton blog dans mon blog, ca vibre, ça vibre les souvenirs,et que d'éléments intéressants, très instructif
Colette
Commentaire n°2 posté par COLETTE le 08/06/2005 à 21h02
J'avais déjà entendu parler du système Anglais, mais jamais de "Flexisécurité". Comme quoi, on en apprend tous les jours.
Commentaire n°3 posté par Cyrille le 09/06/2005 à 13h46


Vu sur le site http://www.actuchomage.org


Le modèle danois : beaucoup d'emplois publics (36,9%)


L'emploi public représente 36,9 % des emplois (63,1 % pour le privé) au Danemark et seulement 19,4 % des emplois en France (80,6 % pour le privé).


Le Danemark est souvent cité en exemple : moins de chômage qu'en France, flexibilité, sécurité ... vous connaissez le discours, qui doit pourtant être fortement nuancé et replacé dans le contexte de la société danoise.


Mais le grand public ignore un aspect essentiel de la question sociale, trompé par les idolâtres du "marché" et de sa "main invisible". L'emploi public est beaucoup plus développé au Danemark qu'en France, près du double en proportion de la population.


L'emploi public danois compte pour 36,9 % dans l'emploi total, tandis que l'emploi public français se limite à 19,36 % de l'emploi total. La proportion d'emploi public est donc supérieure de 91 % au Danemark comparé à la France (36,90 / 19,36).


Au Danemark (2004), pour un emploi total de 2 507 000, l'emploi privé est de 1 582 000 (63,10 %) et l'emploi public de 925 000 (36,90 %).


En France (2004), pour un emploi total de 24 720 000, l'emploi privé est de 19 933 000 (80,64 %) et l'emploi public de 4 787 000 (19,36 %). L'emploi privé comprend 17 265 000 salariés et 2 668 000 patrons ou indépendants.


Si l'on veut de rapprocher des performances du Danemark pour la proportion d'emplois publics dans l'emploi total, augmentons par exemple de trois millions le nombre d'emplois publics. Car les besoins sont immenses : dans la santé et en particulier la prévention, dans la petite enfance, dans l'éducation et la formation des jeunes et des adultes, dans l'aide structurée et publique aux personnes âgées ...


Avec trois millions d'emplois publics en plus, l'emploi public atteindrait 7 787 000 emplois, soit 28,09 % de l'emploi total (devenu 27 720 000) et nous serions encore loin de la proportion danoise de 36,9  % d'emplois publics.


Par la même occasion, une bonne partie des nouveaux emplois publics pourrait être consacrée à une forte réduction du temps de travail, juste récompense des importants gains de productivité des années passées, pour ramener la durée réelle (pas seulement légale) à 28 ou 30 heures par semaine.


Voir plus de détails, avec tableaux statistiques, à cette adresse :


http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_emploi_public.htm


(le texte complet peut être imprimé ...

Commentaire n°4 posté par le butineur le 26/06/2006 à 14h19
Merci pour ce lien, le butineur :-)
A bientôt.
Réponse de Annie le 27/06/2006 à 21h28


Vu sur le site
http://www.actuchomage.org


Danemark et chômage : le modèle danois n'a aucun mérite


En 2004, le Danemark a plus de préretraités (187 200) que la France (139 700) pour une population active dix fois plus faible. Avec les autres mesures de marché du travail, le nombre réel de chômeurs est 2,52 fois le nombre officiel. Le taux de chômage réel devient 14,65 % au lieu d'un taux officiel de 6,38 %. La tromperie est dévoilée.
Avec une évolution de sa population active identique à celle du Danemark depuis quinze ans, non seulement la France n'aurait plus aucun chômeur officiel, mais le chômage réel serait résorbé pour l'essentiel. Et cela sans introduire une plus grande flexibilité des contrats de travail.


Si de plus la France avait eu recours à la même proportion de préretraites que le Danemark (6,78 % de sa population active), le chômage réel aurait entièrement disparu et beaucoup d'emplois à temps partiel seraient redevenus des emplois à temps plein.
Inversement, si la population active du Danemark avait augmenté dans la même proportion qu'en France (+12,1%), tout en créant aussi peu d'emplois (43 600 en quinze ans), le nombre de chômeurs aurait augmenté de 372 500 et le taux de chômage réel serait devenu 24,0 % de la nouvelle population active (après son augmentation).


Comme l'on voit, le succès apparent du Danemark ne doit rien à la flexicurité, mélange de flexibilité et de sécurité (discours bien connu). En fait, le modèle danois n'a aucun mérite pour résoudre le problème du chômage, une fois enlevés les artifices qui cachent le chômage réel et encore moins en tenant compte de la démographie de l'emploi.
----


Au Danemark en 2004, pour un nombre officiel de 176 400 chômeurs, 268 300 personnes étaient enregistrées dans les "mesures de marché du travail" (labour market policy measures), des préretraites pour l'essentiel.. Le chômage réel était donc de 444 700 personnes.
La population active étant de 2 766 300 personnes, le taux de chômage officiel était de 6,38 %. Mais, en réintégrant les 268 300 faux inactifs (préretraités ...) dans la population active, celle-ci devenait 3 034 600 personnes et le taux de chômage réel 14,65 %. Ce taux est un minimum, car ne prenant pas en compte les "invalides" pour raisons sociales.


En France en 2005, pour 2 420 000 chômeurs au sens de l'Anpe (catégorie Defm 1) et 2 717 000 chômeurs au sens de l'Insee, le nombre réel de chômeurs en équivalent temps plein était de 4 092 000, soit un taux de chômage réel de 14,53 % (compte tenu de la correction sur la population active) . Pour rester comparable aux données danoises, l'équivalent en chômage des emplois à temps partiel n'est pas pris en compte ici.
Voir l'article Chômage officiel et chômage réel (2005) sur le même site http://travail-chomage.site.voila.fr/chomage/chom_reel2005.htm .
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Le modèle français est le plus honnête en matière de chômage, ou le moins habile pour en cacher l'étendue, comparé au modèle danois, anglais ou hollandais. Le recours aux préretraites massives est utilisé au Danemark, l'invalidité pour raisons sociales (sans réelle invalidité médicale) est la mesure principale en Angleterre (Royaume-Uni) et aux Pays Bas, ce qui n'empêche pas l'utilisation d'autres mesures pour cacher l'importance du chômage. Dans ces trois pays, le chômage réel est de deux à trois fois plus important que le chômage officiel et se trouve comparable au chômage réel en France.


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Enfin, le Danemark produit et exporte du pétrole et du gaz, ce qui arrange beaucoup les finances publiques et permet de payer un nombre considérable de préretraites pour faire baisser le chômage apparent en diminuant la population active.


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Voir http://travail-chomage.site.voila.fr/danois/dk_merite.htm


pour un document trés complet et de grande qualité, avec des tableaux statistiques et les sources utilisées. D'autres aspects y sont aussi abordés : indemnités de chômage, coût du travail, durée effective du travail.


> En effet, cela vaut vraiment la peine d'aller voir le document original car tout est bien expliqué avec des informations sérieuses et issues des sources officielles (citées). Le texte peut être imprimé avec tous les traitements de texte (rtf).


 

Commentaire n°5 posté par le butineur le 15/07/2006 à 13h58
Eh bien ça a l'air de vous passionner butineur ce sujet :-)
Réponse de Annie le 18/07/2006 à 19h57
Superbe blog que je découvre aujourd'hui ! Merci pour ces belles photos !
Commentaire n°6 posté par Carolinedaily le 18/07/2006 à 12h52
Merci Caroline :-)
Réponse de Annie le 18/07/2006 à 20h00

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