Le matin, je me mets en bruit de fond itélé comme si c'était une radio. J'écoute, mais j'ai pas trop le temps de regarder. Et il y a des jours où on se dit qu'on aurait mieux fait de ne pas écouter !
Au menu de ce matin tout d'abord notre cher ministre de l'injustice, notre bien aimé garde des sots, j'ai nommé Dominique Perben.
Ce matin, Dominique Perben défendait une idée brillante pour remplir les caisses de l'Etat : pourquoi attendre un jugement pour confisquer les biens d'un voyou, hein, je vous le demande ? Donc on n'attend plus : on confisque, on vend, et si le prévenu est déclaré innocent, ben pas de pb, on rembourse. Ben voyons. Au passage on s'assoit allègrement sur la présomption d'innocence. Non seulement on peut être accusé à tort, mais en plus on peut se faire dépouiller préventivement de ses biens supposément mal acquis. Je vous laisse imaginer les dégâts pour un acquitté, à qui ont offre généreusement un remplacement standard, avec un joli sourire et excusez nous, hein, vous aviez l'air tellement coupable !
Le problème à Perben dans cette histoire c'est qu'il occupe un poste où il est censé savoir un minimum de choses. Que sa proposition va de se faire bouler pour inconstitutionalité, et que donc, ne pouvant ignorer ce "détail" de la présomption d'innocence, on se demande à quoi il joue. Effet d'annonce : voyez, moi je voudrais faire des trucs pour punir vraiment les voyous, mais le Conseil Constitutionnel me l'a interdit. Oui, cé po juste.
Enfin c'est ce qui devrait arriver selon une avocate interviewée. Alors elle raconte des carabistouilles, ou Perben est en plein plan de comm ?
Le deuxième candidat est notre ministre "Panpan cucul", j'ai nommé Dominique de Villepin, qui lui s'émeut de ce que les Français passent leur temps à se faire piquer leur carte d'identité qui coute si cher à l'Etat (sous entendu, ils la perdent, mais préfèrent déclarer un vol). Piske c'est comme ça, le vilain Français qui fait pas attention à sa carte, il va cracher au bassinet. Ca lui fera les pieds, enfin les poches.
Graaaaande idée ça mon brave monsieur. Une gratuité aussi honteuse ne pouvait pas perdurer alors que les caisses de l'Etat sont vides.
Si je puis me permettre de faire quelques suggestions à Monsieur Ministre, j'instaurai aussi une séries de pénalités : celui qui ne peut pas prouver s'être fait voler sa carte avec violence devra payer le double pour en obtenir une nouvelle. Parce que sinon, c'est bien son irresponsabilité, sa légéreté, son manque de conscience ou de prudence qui l'aura dépouillé du précieux document. Comme la carte sera obligatoire, celui qui aura osé ne pas la demander se verrra taxer du triple s'il paie dans la minute et du quadruple, s'il paie plus tard. Ca va pas remplir les caisse ça, hum ? Je devrai faire de la politique moi, je suis mûre, il me semble ;-)
Notre dernière vedette, j'ai nommé Caliméro Hollande, a toujours du mal a comprendre que la culpabilisation des partisans du non, ça ne marchait pas bien, et pouvait même se révéler contreproductif. Donc, si le non l'emportait, il n'est pas possible d'envisager qu'il y ait un jour un autre texte. Il n'y aurait rien. Point.
Donc, un texte pondu par la communauté européenne doit être soutenu sous peine de chaos. Inutile de demander une alternative. Celui-ci a été suffisamment difficile comme ça à obentir. Ben dans ce cas là, c'est pas la peine de demander l'avis aux gens, si on n'a pas le droit d'être contre et si ce refus déclanche le crépuscule de l'Europe.
En gros on nous dit "adoptez-le, ou on ne répond plus de rien". C'est ça l'Europe aujourd'hui ? Un seul texte possible, aucune alternativbe envisageable ? Bonjour la démocratie.
Ceci étant dit, j'aimerai rappeler à toutes les pleureuses que la France n'est pas le seul pays qui doit se prononcer sur le texte. Que bien malin qui pourrait dire aujourd'hui ce que ça va donner dans les autres pays. Et que finalement, même en France on n'a aucune certitude sur l'issu du scrutin. Ce sont les indécis qui feront pencher la balance.
Et si le débat démocratique indispose tant que ça nos hommes politiques, ils n'avaient qu'à continuer comme d'habitude, décider pour nous et nous mettre devant le fait accompli. D'ordinaire, ça n'a pas l'air de trop les géner. Et ils ne seraient pas à ramer comme aujourd'hui. Finalement l'horizon 2007 les a conduit à manquer du pragmatisme qui les caractèrise si bien d'habitude : quand ça proteste, on passe au forceps !
Par Annie
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Publié dans : Humeur
Mercredi 13 avril 2005
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Je vais te surprendre peut-être : je ne conteste même pas que ce texte soit le meilleur pour nous depuis longtemps (même si quand même j'ai quelques doutes), car pour moi cela n'est pas la question.
Je ne me projette plus dans cette Europe, dont on peut quasi doubler la taille (enfin le nb de pays mb) en ne demandant rien à personne.
Je ne sais pas ce qu'il se passera si le non gagne. On nous demande notre avis. Je le donne tout simplement. Ce traité me déplait, même si c'est le moins mauvais de tous les traités, alors je dis "non". Qu'on ne puisse pas avoir mieux, qu'il n'y aura rien après, que ce sera plus difficile pour la France : ce sera le pb de nos chers élus européens. Qu'ils se mettent donc à défendre autre chose que leur fauteuil doré et leur retraite confortable, celle-là même qu'il est impossible de donner à un simple citoyen européen parce que trop cher et infinançable.
A lire histoire de s'énerver un peu :
http://perso.wanadoo.fr/patrick.madrolle/economie/_elus.htm
Ceci dit je suis peut-être dans l'utopie en rêvant d'une autre Europe, et vouloir pour elle une constitution expurgée du volet "politique économique" qui n'a rien à y faire. Mais aujourd'hui, j'ai envie de l'être et donc les appels à la raison glissent sur moi comme une goutte d'eau sur feuille songe (comme on dit ici à la Réunion).
Le 29 mai, nous voterons tous en notre ême et conscience, et en ce que nous croyons. Pour ce qui est d'avoir raison ou pas : c'est une autre histoire. L'avenir reste devant nous, innaccessible. Nous verrons bien dans quelle direction tout cela ira.
Malgré tout ça fait du bien de parler entre pro-européens. Parce qu'il y a quand même un "non" qui me fait grincer des dents, est-il nécessaire que je précise lequel ?
A plus pour commenter le résultat du vote ? ;-)