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Il y a des randonnées qui déjà sont difficiles, mais qui se compliquent quand les éléments naturels s'en mêlent.
La première fois que je suis allée à Roche-Plate par Salazie, c'était après le cyclone tropical Dina, en 2002. Il y avait déjà un ébouli au col des Boeufs, mais sur la route (avant le parking), et nous avions du passer par le col de Fourche. Nous étions passé par la Nouvelle, la Plaine aux Sables et mangé - tard - aux Trois Roches. Ce  jour-là j'avais réussi à me faire une entorse en me tordant plusieurs fois le même pied dans la descente vers la rivière. Je suis arrivée à Roche-Plate de nuit, soutenue par un camarade retourné en arrière pour m'aider à marcher un peu plus sûrement. Je me demandais si le lendemain je pourrai poser le pied à terre. J'ai tellement été bien soignée, que ça a été ... du moment que ça montait, et pour aller au Maïdo ça monte !


La deuxième fois,  nous avons pu passer par le col des Boeufs, puis par Marla et ensuite, nous avons pris l'itinéraire qui démarre derrière le gîte de la montagne.

Arrivée vers 16h à Trois Roches, j'ai atteint Roche-Plate à 18h20, encore de nuit - décidément - mais en bien meilleur état que la fois précédente (ce n'était pas difficile).

Nous étions trois à devoir dormir dans un autre gîte que celui de la Montagne, mais nous n'avons jamais eu la clé, la propriétaire étant partie à une communion - pensant, ne nous voyant pas arriver que nous avions changé d'avis. Mais l'arer est un club plein de ressources. Il y a eu des volontaires pour se serrer sur quelques matelas à terre et laisser un lit à la fille ;-)

La troisième fois, c'est l'ébouli provoqué par la tempête tropicale pourtant modérée Diwa qui nous a rallongé la balade initialement prévue par le col des Boeufs. Même si certaines personnes franchissent l'ébouli, nous avons pris  l'option col des Fourche. Et une heure de plus - comme si c'était nécessaire.

Nous avons eu un temps magnifique et je me suis prise un joli coup de soleil.

Nous débutons  notre marche à 8h45. Avant de franchir le col de Fourche, nous avons une belle vue sur le cirque de Salazie - notamment sur le Piton d'Anchaing.

La descente du Col de Fourche est détrempée, glissante et très pentue, me faisant regretter de ne pas avoir tenté le franchissement de l'ébouli - une petite (?) frayeur sur une centaine de mètres à la place d'une descente d'un bon quart d'heure bien casse-gueule. Enfin, on n'emmène pas un groupe sur un chemin fermé. Oublions.


A la Plaine des Tamarins nous prenons la direction de Marla dans l'idée de franchir la passerelle en direction de la Nouvelle.
Avant de trouver la passerelle, nous devons déjà traverser deux fois la rivière, après une descente d'une petite demi-heure au bout de la Plaine des Tamarins.

Après avoir traversé les deux bras de rivière, nous décidons de déjeuner (il est  12h20), avant de nous diriger vers la passerelle. Ca fait du bien de se reposer un peu. Mais le chemin qu'il reste à faire est encore très long. Aussi nous repartons assez rapidement.


C'est un endroit enchenteur que nous découvrons, avec cascades et bassins. La passerelle est un peu sommaire. Elle gîte de gauche à droite lorsqu'on marche dessus.
Après ça se complique : on grimpe. Un premier croisement : à gauche Marla "direct" et à droite "La  Nouvelle". Nous prenons à droite. Et ça continue du grimper, grimper, grimper, jusqu'à un col. A droite, la montée vers la Nouvelle et à gauche la direction de la Plaine aux Sables que nous devons traverser. La Plaine aux sables c'est cette immense pelouse que vous pouvez voir ci-dessous.



Peu après nous dépasserons une petite oasis où poussent maïs et bananiers, ce qui n'est pas courant dans Mafate, où l'eau a plutôt tendance à manquer.
La descente sur Trois-Roches est très pentue.

C'est peu avant 16h, une fois de plus que j'arrive à Trois-Roches. Ce n'est pas encore cette fois-ci que j'arriverai à Roche-Plate de jour.

A Trois-Roches, la difficulté majeure est de traverser la rivière pour rejoindre l'autre rive sans se vautrer dans l'eau.

Je mets mes sandalettes "tout terrain" histoire de préserver mes chaussures de marche (c'est lourd aux pieds des chaussures gorgées d'eau). Je ne suis pas rassurée : le courant est fort et ça glisse beaucoup. Mais j'arrive sans encombre de l'autre coté.

Marcher dans l'eau froide fait un bien fou aux pauvres pieds qui ont bien chauffé depuis le matin. Mais avant de remettre les chaussures pour reprendre le chemin, une petite pause restauration est la bienvenue.
Sur place des chatons viennent quémander de la nourriture.

Il ne faut pas trop tarder pour repartir, car il reste encore du chemin. Chaussures à nouveau aux pieds, je m'approche de la falaise pour quelques photos.

Voici donc la cascade vertigineuse de Trois-Roches dont on ne voit que le départ :


Ensuite la galère commence, car ça va encore monter beaucoup. Au début on grimpe carrément dans le lit du torrent, et je n'y avais encore jamais vu autant d'eau. Pour moi, ça se passera beaucoup moins bien que la fois précédente. J'explose littéralement dans les pentes raides. Je suis obligée de souffler souvent. J'ai la sensation de ne pas avancer.

Pour courroner le tout, la baisse de fréquentation du cirque fait que le chemin est assez mal entretenu : nous nous faisons agripper au passage par les bras épineux galaberts (ou corbeilles d'or).

Quand le dernier raidillon est enfin franchi, la lumière commence à baisser. Nous terminerons encore cete fois-ci la balade de nuit.

A 19h nous sommes tout près du gîte (15 mn), mais nous nous trompons de direction. Ne reconnaissant pas l'accès au gîte (nous sommes face à des marches et un panneau direction "La Nouvelle"), nous jouons du téléphone portable pour avoir des conseils. Finalement, il est décidé que nous revenons sur nos pas jusqu'au croisement précédent, où nous rejoignons les derniers qui eux, connaissaient le chemin. Ce n'est qu'à 19h45 que nous arrivons au gîte. Les premiers sont là depuis longtemps et s'affairent dans la cuisine !

Pour nous, c'est direction la douche : enfin !
Globalement, avec l'annulation des deux randonnées de mises en jambes (février, mars) pour cause de mauvais temps, tout le monde a eu bien du mal d'arriver au bout. On a tous les jambes raides et le lendemain nous devons remonter par le Maïdo. Mais ça, c'est une autre histoire.

par Annie publié dans : La Réunion
Jeudi 27 avril 2006

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Commentaires

Ben dites donc : maintenant les garçons sont prêts à se serrer pour laisser leur lit à une fille... tiens donc. Autres temps, autres moeurs.


Et les moustiques dans tout ça, ils sont où ? Vous promenez en tenue de scaphandrier ?


Allez, je cesse de rire. Dans une dizaine de jours, faudra escaler la butte Chaumont. A mon avis (que je partage), c'est ça qui sera une autre paire de manches (à Paris, on peut se balader les bras nus, les moustiques ne résistent pas à la pollution).


Allez.... à bientôt !

commentaire n° : 1 posté par : Gari le: 27/04/2006 21:36:13

Bonjour Chère Annie


Et bien, c'est une sacrée rando que vous avez fait là.


Il est certain, que lorsque l'on voit la beauté du paysage cela en vaut la peine, mais bon c'est dur, dur....


Donc à bientôt


Gros bisous


Colette

commentaire n° : 2 posté par : colette (site web) le: 28/04/2006 18:33:52

J'imagine mon homme sur le pont, mdr ! Il n'avance pas ou alors reste bloqué au millieu, hihihi.

Bisous, Nathy.

commentaire n° : 3 posté par : nathy (site web) le: 12/05/2007 11:04:41

Boah, il a qu'a fermer les yeux ;-)

Plaisanterie mise à part, c'est comme ça qu'on fait franchir les ponts à ceux qui sont impressionnés. Tu les places derrière toi. Tu leur fait mettre la main sur ton épaule. Soit il fixe obstinément ton épaule, ou ils ferment les yeux, et hop, les voilà de l'autre coté :-)

Entre temps faut quand même les saouler de paroles : le tout, c'est qu'ils n'aient pas une seconde pour penser au vide ;-)

réponse de : Annie (site web) le: 12/05/2007 12:33:27

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