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Le 5 avril dernier, le Journal de l'Ile écrivait un article sur l'éboulis du col des Boeufs. On y apprenait que certaines personnes le franchissaient. Alors j'ai voulu en avoir le coeur net et donc le samedi 8 avril, nous nous rendions à Grand-Ilet au gîte de la Tourte Dorée, que vous pouvez voir ci-contre. L'inspection de l'éboulis aurait lieu le lendemain matin.

La première chose qui marque dans ce gîte, c'est l'odeur de cire dans la chambre - un parfum de souvenirs d'enfance où l'on utilisait encore des patins pour  ne pas faire de marque. Là, pas de patins, juste cette odeur de parquet fraîchement ciré. La deuxième chose remarquable : l'espace. On est à l'aise, contrairement à beaucoup d'endroits où l'on peut dormir, certes, mais à l'étroit. Et enfin troisième chose : l'armoire, une jolie armoire ancienne, avec laquelle je serais bien repartie, mais cela aurait été mal vu il me semble.
La seule mauvaise surprise, c'est l'odeur de porcherie qui devient entêtante à la tombée de la nuit, jusqu'au petit matin.

Pour ce qui est de l'accueil, les propriétaires sont des gens adorables. Ils vous offre une boisson de bienvenue (coca, bière, ce que vous voulez) et si vous avez envie de vous réchauffer, de l'eau chaude est mise à votre disposition pour un petit thé ou un petit café.
L'appéritif et le digestif sont offerts (il s'agit de rhums arrangés maison), ainsi que la bouteille de vin qui accompagne le repas. Et ils se mettent à table avec les convives. Avec eux, on ne s'ennuie pas : commencé à 19h30, le repas s'est prolongé jusqu'à 22h30.
Madame nous a amené en entrée une terrine de rillettes de canard de son cru : absolument succulentes et nous avons continué avec un classique, mais néanmoins délicieux cari poulet.
Chez les Grondin, c'est fromage et dessert. On sort de table totalement repus.

Le lendemain matin après un petit déjeuner sympathique, nous quittons le gîte pour nous rendre au col des Boeufs. Nous poussons jusqu'à l'éboulis que voici :



Le problème est que celui-ci se vide par son milieu et que donc il faut le franchir par une bande étroite de terre tout en haut de l'éboulis (vers où se dirige le groupe) et immédiatement à coté c'est le vide. Pas glop. De plus, pendant tout le moment qu'on a été là, des petits morceaux de roches, tous petits certes, ne cessaient de rouler sur la pente. Il était clair que le franchissement de ce gros tas de cailloux était loin d'être sans danger, et donc cela a fini par nous convaincre que nous emprunterions le col de Fourche pour nos prochaines balades vers Marla. Il fallait vraiment qu'on le voit pour aller chercher la motivation. Là maintenant, plus aucun doute n'est permi : trop casse-gueule, trop dangereux, et hors de question de se priver de Mafate donc détour par col de Fourche sans plus aucune hésitation.

A noter que cet éboulis est là depuis fin janvier et que c'est dans les 4000m3 de terre qui sont à enlever contre 50000m3 sur la route du littoral, dont la DDE s'est débarrassé en une semaine de pelletage. Or depuis fin janvier au Col des Boeufs : strictement rien n'a été fait, à part interdire  le chemin au public.

Les conséquences sont dramatiques pour les habitants de La Nouvelle et de Marla dont les marchandises étaient livrées à partir d'une plateforme hélicoptère de l'autre coté de l'éboulis. De plus, le détour par le col de Fourche peut-être rédibitoire notamment pour les familles avec de jeunes enfants et les marcheurs moyens. Rajouter à cela, une météo assez pourrie - tout particulièrement les week-ends - sur février et mars en plus du Chikungunya, et cela vous donne l'équation de la catastrophe économique vécue de l'autre coté avec la quasi disparition des visiteurs.

La machine semble être relancée depuis le week-end de Pâques. Espérons que ce soit durable.
En attendant que des fonds soient trouvés pour enlever cet éboulis, les randonneurs prudents passeront par le col des Fourches. Mais ce serait quand même bien que l'Etat se bouge un peu les fesses.

On  ne peut pas d'un coté inciter les gens à construire des structures d'accueil pour développer le tourisme et de  l'autre les oublier au premier coup de Trafalgar.

Comme les habitants de la Nouvelle et de Marla, on veut un col des Boeufs dégagé et pas dans 10 mois ! Le jour où ce sera fait, je crois que je déboucherai une bouteille de champagne ;-)
par Annie publié dans : La Réunion
Mardi 18 avril 2006

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