L
a plupart des auditions de la commission d'enquête parlementaire au sujet du procès d'Outreau sont retransmises à la télévision, via certaines chaines d'information continue comme i-télé ou la Chaine Parlementaire.
J'ai personnellement vu une partie de l'audition des aquittés d'Outreau, puis celle de deux avocats (dont Maître Dupont-Moretti) et ce matin avant de partir au travail j'ai entendu le début de l'audition des avocat(e)s des associations.
Quand on entend les acquittés d'Outreau, on n'en croit pas ses oreilles. On a du mal à comprendre comment des gens ont pu croupir en prison sur des dénonciations aussi farfalues :
- un homme accusé de viol sur un enfant à une époque où ledit enfant n'était même pas né
- le même accusé de viol "devant dans devant", sur une petite fille qui se révèle vierge
- un type accusé avoir des maisons closes en Belgique qui n'existent pas
Bref, des incohérences à la pelle, dénoncées par les acquittés, qui leur ont valu leur libération ... trois ans après.
Il y a aussi ce jeune-homme resté 18 mois sans avocat.
Quand on entend les avocats de la défense, dont le fameux maître Dupont Moretti, on est encore plus catastrophé : ces dérapages ne sont pas spécifiques à Outreau, ils sont légions nous dit-on, parce que la loi le permet. Parce que les droits de la défense ont peu à peu été grignotés.
Quand on entend les avocats des associations, on reconnait tout de suite l'une d'entre elle "caricaturé" pensais-je à l'époque par l'une des acquittés.
J'ai oublié le nom de cette dame, mais elle a parlé beaucoup de la parole de l'enfant. Elle a insisté sur le fait que dans ce procès, la parole de l'enfant a été mal recueillie, "induite" a été le mot qu'elle a employé. Les rétractations de Paris auraient été obtenues de par l'ambiance et la méthode employée (sous-entendu ils ne pouvaient que se rétracter vu ce qu'on leur a fait subir et par conséquent ils n'ont pas été entendus, et donc les innocentés l'ont été de manière impropre et ne sont peut-être pas si innocents que ça). Elle s'en défendra surement , mais moi en l'écoutant c'est ce qui m'est venu à l'esprit.
Elle se permet même d'enfoncer nomément les Lavier. "Ils y a des enfants battus, dans ce dossier, il y a des coups, d'ailleurs la fille Lavier a dit ...".
Or de deux choses l'une : cette gamine si elle a été mal-traitée chez elle, c'est facile de le savoir : les coups laissent des traces, qu'un spécialiste peut dater et même dire comment, voire avec quoi ils ont été donnés. On ose espérer que des examens médicaux complets ont été fait sur ces enfants, et qu'on sait aujourd'hui qui a été violé et qui a reçu des coups.
Si les examens médicaux ne détectent pas de maltraitance, il faut se rendre à l'évidence : c'est qu'il n'y en a pas eu et qu'on arrête d'emmerder ces gens avec ça.
Quand la parole d'un enfant a été "induite" et mal recueillie, il me semble qu'elle est à recevoir et utiliser avec prudence. Elle n'est pas bonne quand l'enfant accuse et mauvaise lorsqu'il se rétracte. Il me semble que cette prudence est largement piétinée par cette femme qui apparaît très sûre d'elle. Je dois dire qu'elle m'a laissé une impression exécrécrable.
Des fois, ce sont les parlementaires, enfin leurs questions qui me laissent pantoise, genre demander à une personne ce qui a bien pu se passer dans la tête d'une autre. On croit rêver. Il y a une naïveté, une incohérence, un manque de réflexion dans certaines questions, c'en est effarant.
Pour terminer, il est vraiment dommage que les chaines hertziennes ne s'intéressent qu'aux axcquittés et au juge Burgaud, car vraiment tout est intéressant à entendre pour mieux comprendre ce qui 'est passé.
Je ne sais pas si quelque chose sortira de cette commission. Je suis même quasiment convaincue du contraire, car les réformes à envisager sont assez lourdes et surtout elles demanderaient beaucoup de courage, pour que la défense de l'accusé reprenne une juste place dans un climat très répressif. Or le courage, c'est ce qu'il manque le plus à nos parlementaires. Ils ont peur du dialiogue, de la confrontation, ils ont peur de déplaire. Alors l'intérêt du présumé innocent pourra bien attendre ...
Addendum du 8 février 2006 au sujet des députés
A consulter cet article de Libération.
Par Annie
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Publié dans : Société
Jeudi 2 février 2006
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02
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/2006
15:35
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