Je retransmets ici l'appel de Michel Naud, en faveur du juge Luigi Tosti condamné à de la prison en Italie pour avoir refuser de plaider dans un tribunal où trônait un crucifix.
Voici son courrier du 4 décembre 2005 :
Bonjour, Peut-être le savez-vous déjà mais en Italie, le tribunal régional de L'Aquila, celui-la même qui avait du traiter la question des crucifix apposés au salles des écoles publiques de la ville d'Ofena, vient de condamner un juge, Luigi Tosti, à 7 mois de prison et 1 mois de suspension parce qu'il ne voulait plus sièger dans une salle de tribunal dominée par un crucifix. Cette affaire, étonnante en soi mais parfaitement recoupée, prend un relief particulier dans la perspective du centenaire à la fin de cette semaine de la loi de 1905 en France (le 9 décembre) et de la manifestation nationale de défense et promotion de cette loi (le 10 décembre à 15h00 place de la république à Paris) Google news (informations françaises) http://news.google.fr/news?hl=fr&q=tosti&tab=wn&ie=UTF-8&scoring=d Google news (informations italiennes) http://news.google.it/news?hl=it&ned=it&ie=UTF-8&q=giudice+luigi+tosti&scoring=d Après de nombreuses discussions multilatérales qui se sont finalisées ce week-end, une campagne prenant forme d'un appel aux laïques pour l'arrêt immédiat des poursuites contre le juge Luiggi Tosti a été décidée, sur la base d'un texte qui a reçu l'aval de l'union des athées, agnostiques et rationalistes italiens (UAAR), principale organisation de la laïcité en Italie, dont est membre le juge Luigi Tosti. Cet appel sera signé par des individus et non par des organisations, même si des associations pourront déclarer soutenir l'appel et encourager leurs sympathisants à le signer. Les trois premières signatures sont Michel Naud (de l'union rationaliste et du réseau des brights), Christian Eyschen (secrétaire général de la libre pensée) et Johannès Robyn (président de l'union des athées). Nous vous sollicitons pour figurer dans les premiers signataires de cet appel. D'ici le milieu de la semaine nous assurerons le lancement de la campagne sur la base des signatures collectées d'ici là. Michel Naud, sera le coordinateur de l'appel et centralisera toutes les signatures. Etant le webmaster du réseau des brights, le site internet a permis de laisser à la disposition de la campagne suffisamment de place pour l'accueillir. Pour le moment vous trouverez l'appel en français http://brightsfrance.free.fr/tosti.htm et les premières signatures dans l'ordre chronologique de leur prise en compte http://brightsfrance.free.fr/tostisignatures.htm. espérant votre soutien, nous attendons déjà votre signature (nom, prénom, qualité(s), localité et département ou pays de résidence) à l'adresse : brightsfrance@free.fr salutations laïques, michel naud |
Voici l'appel joint au courrier :
APPEL AUX LAÏQUES : LE JUGE LUIGI TOSTI DOIT ÊTRE RELAXE !
Le 15 août 2005 le pape Benoît XVI affirme dans son homélie : «Il est important que Dieu soit visible dans les maisons publiques et privées, que Dieu soit présent dans la vie publique, avec la présence de croix dans les établissements publics. »
Le 19 novembre 2005, Benoît XVI et Silvio Berlusconi, au terme d’ « un échange d'opinion sur les rapports Eglise Etat en Italie », réaffirment « la volonté de collaboration des deux parties dans le cadre du Traité du Latran ».
Le 18 novembre 2005, le juge Luigi Tosti, âgé de 57 ans, est condamné par le tribunal de l’Aquila, localité située à une centaine de kilomètres de Rome à 7 mois de prison et 1 an de suspension. Son crime ? Le juge refuse de rendre justice en présence de signes religieux dans la salle d’audience du tribunal.
Le juge s’appuie pour sa demande sur la constitution républicaine du 27 décembre 1947, qui établit que tous les citoyens « sont égaux devant la loi, sans distinction de sexe, de race, de langue, de religion » (Art. 3), mais une circulaire du ministre fasciste Rocco, datant de 1926, jamais abrogée depuis par aucun des gouvernements successifs, fixe que des crucifix doivent être visibles dans les tribunaux italiens, illustrant la phrase de Bossuet : « Le sacerdoce étroitement uni avec la magistrature, tout en paix par le concours de ces deux puissances ! ».
Car l’Italie continue de vivre sous le régime du traité de Latran et du concordat signé le 11 février 1929 entre le Vatican et l’Italie représentée par Benito Mussolini, chef du gouvernement de l’époque. En 1984, le Président du Conseil, le socialiste Bettino Craxi, renouvelle le concordat avec le Vatican : certes le culte catholique n’est plus religion d’État mais les lois fascistes ne sont pas abrogées pour autant.
Pour reprendre l’expression du Cardinal Tauran devant les évêques français en 2003, l’Italie connaît ainsi une séparation des églises et de l’état « coordonnée », opposée à « la séparation pure et simple » dans laquelle « les confessions religieuses relèvent du droit privé (USA, France) ».
Sept mois de prison pour le juge … c’est la marque de ce que l’Eglise catholique appelle une « saine et légitime laïcité » (expression de Pie XII) …
Le combat des citoyens laïques et républicains italiens est le même que le nôtre pour la défense, la promotion et la restauration de la loi de 1905 sur tout le territoire ; c’est celui de tous les véritables laïques où qu’ils soient dans le monde pour la séparation des églises et de l’état et pour l’abrogation des concordats et de toutes les lois antilaïques !
Nous exigeons l’arrêt immédiat des poursuites contre le juge Luigi Tosti !
Nantes, le 4 décembre 2005
coordinateur de l’appel aux laïques pour l’arrêt immédiat des poursuites contre le juge Luigi Tosti : Michel NAUD
Signatures à adresser à Michel NAUD : brightsfrance@free.fr
Indiquer Nom, prénom, qualité(s), localité de résidence (département français ou pays)
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Renseignements pris auprès d'un ami Italien, je cite : "la Constitution italienne garantit la laicite et le dernier Concordat elimine completement la notion de"religion d'Etat" et donc les qqs privileges dont jouissait l'Eglise catholique. Mais personne n'a encore reussi a faire abroger cette putain de circulaire Rocco datant de l'apogee de l'ere fasciste (ie de 1926)" qui dit dit en substance: "au dessus du banc des juges doivent etre exposes l'effigie du Roi et le crucifix".
Outre le fait qu'aujourd'hui il n'y a plus de roi et donc d'effigie à exposer, cette circulaire, souligne mon ami, est clairement anticonstitutionnelle.
Mais, dans la mesure où ce juge avait refusé de sieger, il aurait été condamné de toute manière, quelqu'en soit les raisons. C'est aussi peut-être ce qui était recherché, pour un peu secouer l'opinion public et faire bouger les choses. Mais la lourdeur de la sentence a quand même surpris ...
Voilà.
Pour les italophone, voici le lien de la campagne italienne "scrocifiggiamo lo stato" ("pas de crucifix dans l'Etat") de l'UAAR (union athée d'Italie).
Par Annie
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Publié dans : Société
Vendredi 9 décembre 2005
5
09
/12
/Déc
/2005
15:48
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